Si vous constatez que vous avez des difficultés à vous alimenter pendant votre traitement contre le cancer ou pendant la période de récupération qui suit, il est important de savoir que chaque bouchée contribue directement à votre résistance physique. En agissant à temps, étape par étape, avec une alimentation adaptée, vous aidez votre corps à préserver sa masse musculaire et à mieux supporter le traitement. Avec l'aide de votre équipe soignante, vous pouvez reprendre le contrôle et soutenir votre condition physique de manière ciblée pour optimiser le traitement et la récupération.
Ce que vous pouvez faire vous-même pour lutter contre la dénutrition
Étant donné que la dénutrition peut avoir un impact important sur votre traitement et votre récupération, de petits ajustements ciblés intégrés à votre routine quotidienne peuvent déjà faire une réelle différence : vous pouvez augmenter votre niveau d'énergie et apporter à votre corps les nutriments dont il a tant besoin.
« On considère toujours qu’une alimentation normale et adéquate est la première étape. » - Virginie Terryn, AZ Groeninge
Voici quelques suggestions dont vous pouvez discuter avec votre médecin ou votre diététicien :
- Augmentez la fréquence de vos repas : 6 à 8 petits repas par jour au lieu de 3 repas copieux.
- Apportez davantage de protéines : ajoutez une source de protéines à chaque repas (par exemple : yaourt, fromage, œufs, poulet, tofu).
- Enrichissez votre alimentation : incorporez de la crème, du beurre de cacahuète, de l'huile, du fromage ou une boisson nutritionnelle dans vos soupes et purées.
- Buvez des calories : lait entier, yaourt à boire, smoothies au beurre de cacahuète/avocat, compléments nutritionnels oraux sur avis médical.
Bien sûr, un apport suffisant en protéines et en calories ne fait pas tout. Pour nous, les Belges, manger ne se résume pas aux nutriments, c'est aussi une question de goût, de plaisir et de convivialité. En cas de cancer, des obstacles supplémentaires peuvent apparaître :
- Goût métallique dans la bouche ? Utilisez des couverts en plastique, ajoutez un peu d'agrumes, assaisonnez avec des herbes fraîches.
- Nausées ? Optez pour des plats froids ou tièdes, du gingembre, et des aliments secs comme des crackers. Mangez de petites quantités, mais plus souvent.
- Bouche sèche ? Ajoutez davantage de sauces ou de tartinades, et buvez fréquemment de petites gorgées d'eau ou sucez un glaçon entre les repas.
- Fatigue/douleur en mâchant ? Optez pour des sources de protéines faciles à mâcher (œufs brouillés, fromage blanc, poisson en conserve) et des soupes mixées.
- Fixez-vous des objectifs réalistes et prenez le temps de célébrer chaque petite victoire.
- Ne laissez pas l'alimentation devenir un combat contre vous-même. Planifiez des moments où manger est plus facile, avec des recettes hyperprotéinées, savoureuses et caloriques.
- N’hésitez pas à demander de l’aide à vos proches pour les courses ou la préparation des repas. Mais vous pouvez aussi leur demander de ne pas se transformer en « police de l'alimentation » qui vous surveille ou met la pression. Garder une ambiance conviviale est aussi important.
L'accompagnement professionnel : le médecin ou le diététicien
Votre situation est unique, c'est pourquoi votre médecin ou votre diététicien est la personne la mieux placée pour savoir quelles mesures prendre si vous traversez une période difficile. Si vous constatez une perte de poids involontaire, ou si vous souffrez de vomissements persistants, de diarrhée ou d'une fatigue intense, n'hésitez pas à en parler à votre équipe soignante. Il est également important de signaler immédiatement tout signe de déshydratation, comme des vertiges. Votre médecin est à vos côtés pour en déterminer la cause et veiller avec vous à ce que vous puissiez poursuivre votre traitement dans les meilleures conditions de sécurité et de confort possibles.
Si votre médecin ou votre diététicien vous le suggère, un diététicien spécialisé en oncologie peut vous apporter un soutien précieux. Il vous aide à élaborer un programme alimentaire adapté à votre situation particulière. Il ne s'agit pas d'un régime strict, mais plutôt de conseils pratiques pour faire face, par exemple, à des altérations du goût ou des nausées. En collaboration avec votre équipe soignante, vous veillez ainsi à maintenir au mieux votre masse musculaire et votre condition physique pendant le traitement.
Bon à savoir : 4 types d’alimentation pour lutter contre la perte de poids
Pour limiter efficacement la perte de poids, il est recommandé d'élaborer dès que possible un parcours de soins étape par étape avec votre équipe soignante. L'objectif est de fournir à votre corps un apport nutritionnel suffisant, réaliste et adapté à chaque étape de votre parcours de soins. 4 types d'alimentation sont abordés dans ce parcours de soins :
1) Alimentation normale : point de départ, avec un apport suffisant en protéines et en énergie ;
2) Alimentation enrichie : avec un supplément de beurre/huile, produits laitiers entiers, noix, fromage, crème ;
3) Nutrition médicale (compléments nutritionnels oraux) toujours sous surveillance médicale ;
4) Alimentation par sonde : lorsque l'apport oral reste insuffisant, exclusivement sous surveillance médicale.
Même si l'évolution de votre maladie semble échapper à votre contrôle, votre alimentation constitue un outil puissant qui vous permet de prendre soin de votre état général. Attention : toute nutrition médicale doit toujours être utilisée sous supervision médicale. En vous préparant grâce à un plan nutritionnel complet et en adoptant les bons réflexes alimentaires au bon moment, vous donnez à votre corps la force et la résilience dont il a besoin pour une récupération optimale.
CONCLUSION : Élaborez un plan de soins personnalisé avec votre équipe soignante, car il existe une solution nutritionnelle adaptée à chaque situation de dénutrition.