Plus de la moitié des personnes atteintes d’un cancer sont confrontées, au cours de l’évolution de la maladie, à la dénutrition. Celle‑ci survient lorsque l’organisme ne reçoit pas suffisamment d’énergie et de nutriments pendant une période prolongée¹. Il est important de reconnaître la dénutrition à temps afin de pouvoir mettre en place un accompagnement adapté.

Comme l’indique le Professeur De Waele, chef du service de nutrition clinique de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles : « Heureusement, il existe aussi des solutions et la perte de poids liée au cancer est réversible. ».

Le cancer n’est pas une seule maladie. Il existe plus d’une centaine de types de cancers. Ce qu’ils ont en commun, c’est que certaines cellules du corps commencent à se diviser de manière incontrôlée, pouvant entraîner la formation d’une masse ou d’une tumeur.

La dénutrition correspond à un manque d’énergie ou de nutriments. Elle peut entraîner une perte de poids et une diminution de la masse musculaire.

Un poids insuffisant ou une perte de poids involontaire peut être un signe de dénutrition. Celle‑ci peut être due à :

  • Une alimentation insuffisante : vous consommez moins de calories que ce dont votre corps a besoin ;
  • Une absorption diminuée : par exemple en raison de problèmes de tractus gastro‑intestinal.

La dénutrition peut toucher tout le monde, mais en cas de cancer, il est particulièrement important de la détecter à temps.

En cas de cancer et pendant le traitement, des symptômes tels que les nausées, la fatigue, la perte d’appétit et la modification du goût sont fréquents. Il peut alors être difficile de manger suffisamment.

 

Il faut savoir qu’un apport nutritionnel optimal aide à préserver la force et qu’il soutient l’organisme, ce qui permet de se sentir mieux. Un apport en nutriments supplémentaires, notamment de protéines, joue un rôle essentiel. Après une opération, une chimiothérapie ou une radiothérapie, les protéines sont importantes pour la régénération des tissus et la lutte contre les infections.

 

L’activité physique est également importante. Une dénutrition prolongée peut entraîner une perte de masse grasse et musculaire, ce qui peut avoir un impact sur la condition physique et mentale¹.

Le Professeur De Waele explique combien il est important de rester fort physiquement et mentalement : « afin de supporter le traitement de la maladie et de garder le moral ».

 

La dénutrition peut également provoquer une diminution des défenses immunitaires, une cicatrisation plus lente, ainsi qu’une récupération plus longue et moins efficace2-5. Des études montrent que l’amélioration de l’état nutritionnel peut jouer un rôle important dans une meilleure tolérance des traitements⁶.

 

Comme le résume le Professeur De Waele : « La dénutrition n’est pas la cause en soi, mais elle compromet le traitement principal de la maladie. »

Il est donc d’autant plus important de surveiller attentivement votre poids et votre alimentation, et de demander conseil à temps à votre professionnel de santé.

La perte de poids est souvent détectée trop tard. Elle peut être progressive et parfois quelques kilos en moins nous semble attrayant.

 

Dans la vidéo ci‑dessous, le Professeur De Waele explique pourquoi les priorités sont différentes en cas de cancer. Il est plus important de consommer suffisamment d’énergie et de nutriments, et de préserver sa masse musculaire.

 

« Pendant de courtes périodes où il est vraiment difficile de manger suffisamment, les calories sont même plus importantes que l’alimentation saine », explique le Professeur De Waele.

  • Perdez-vous du poids ?

  • Votre IMC* est-il très bas ?

  • Constatez-vous une perte de force musculaire ?

  • Souffrez-vous de troubles gastriques ou intestinaux ?

  • Avez-vous moins d’appétit ?

Parlez‑en à temps avec votre médecin. Un diététicien est souvent également impliqué. Ensemble, ils élaborent un plan nutritionnel personnalisé adapté à votre situation.

 

N’hésitez pas à poser des questions car être bien informé peut vous aider à aborder votre traitement dans de meilleurs dispositions. Les diététiciens et les associations de patients peuvent offrir des conseils, de l’information et des astuces pratiques et également un soutien.

 

Plus la dénutrition est reconnue rapidement, plus vous et votre équipe de soins pouvez intervenir tôt, et meilleurs peuvent être les résultats de votre prise en charge nutritionnelle.

Dans la vidéo ci‑dessous, vous pouvez écouter Stefan Gijssels, diagnostiqué d’un cancer colorectal en 2015 et aujourd’hui président du Patient Expert Center. Il partage son expérience de la dénutrition pendant son parcours et son traitement contre le cancer. Il souligne l’importance, pour les patients, de disposer d’informations suffisantes sur l’alimentation.

Une alimentation saine reste importante, même en cas de cancer. C’est pourquoi les conseils nutritionnels commencent toujours par une alimentation suffisante et équilibrée. Les recommandations alimentaires générales et la pyramide alimentaire constituent à cet égard une bonne base.

 

Portez une attention particulière à un apport suffisant en calories et en protéines. Vous pouvez facilement enrichir votre alimentation habituelle, par exemple en ajoutant de la crème, des dés de jambon ou de lard dans la soupe, davantage de garniture, un morceau de fromage ou de charcuterie en collation, ou encore des produits laitiers entiers.

 

Dans la vidéo ci‑dessous, la diététicienne Céline Van Den Daelen partage des conseils pratiques. Un(e) diététicien(ne) tient compte de votre situation personnelle à un moment donné. Partagez avec ce professionnel de santé vos changements de goûts, vos intolérances, votre difficulté à avaler et la fréquence de vos nausées si vous avez ces symptomes. 

Comme elle le souligne : « Travailler avec une alimentation normale et adéquate est toujours notre première étape. »

Lorsque manger suffisamment devient difficile, la nutrition médicale peut constituer un soutien important.

La fatigue, la perte d’appétit, les modifications du goût et de l’odorat ou encore les difficultés de mastication et de déglutition sont fréquentes chez les personnes atteintes de cancer et peuvent compliquer l’alimentation. Votre médecin peut alors vous prescrire une nutrition médicale.

 

La nutrition médicale est le plus souvent utilisée en complément des repas habituels, par exemple sous forme de boissons nutritionnelles en collation¹. Si les repas sont impossibles, certaines de ces boissons peuvent aussi, temporairement, remplacer les repas. Ces produits sont prêts à l’emploi, riches en calories et en protéines, et enrichis en vitamines et minéraux.

 

Comme l’indique Virginie Terryn : « Il existe un large choix de saveurs et textures, ce qui permet de varier et de rendre la prise plus facile à long terme. »

 

Lorsque l’alimentation normale devient encore plus difficile, une nutrition entérale (par sonde) peut être nécessaire¹. Celle‑ci est administrée via un petit tube placé dans le nez ou directement dans l’estomac ou l’intestin. Le médecin détermine avec vous la méthode d’administration la plus appropriée. Le diététicien veille à une mise en place progressive de la nutrition par sonde et à son arrêt lorsque celle‑ci n’est plus nécessaire. Le service social de l’hôpital peut également vous aider pour l’organisation pratique.

man cooking with a woman in the kitchen

Vers les informations sur la nutrition médicale

La nutrition médicale peut apporter un soulagement temporaire lorsque manger est difficile. Il est tout à fait normal d’avoir des questions à ce sujet. Dans la vidéo, Virginie partage plusieurs sites internet et podcasts contenant des informations utiles.

Toute nutrition médicale doit toujours être utilisée sous supervision médicale.

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* IMC : indice de masse corporelle

Références

  1. Cederholm, T., et al., Clinical Nutrition, 2017, 36(1):49‑64.
  2. Ghaly P., Iliopoulos J., Ahmad M., British Journal of Nursing, 2021, 30(5):S38‑S42.
  3. Schneider, S., et al., British Journal of Nutrition, 2004, 92(1):105‑111.
  4. Goiburu, M., et al., Nutr Hosp, 2006, 21(5):604‑610.
  5. Correia, M., et al., Clinical Nutrition, 2003, 22(3):235‑239.
  6. Muscaritoli, M., et al., Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle, 2019, 10(3):517‑525.
  7. Daly, L.E., et al., Proceedings of the Nutrition Society, 2016, 77(2):135‑151.
  8. Arrieta, O., et al., The Oncologist, 2015, 20:967‑974.
  9. Hilmi, M., et al., Pharmacology & Therapeutics, 2019, 196:135‑159.